La fin du XIVe siècle voit l’apparition en Occident d’un nouveau média visuel : la gravure. Objet multiple et bon marché, elle sert les pratiques de dévotion contemporaines, avides d’images. C’est d'abord dans l’espace germanique que naît et se développe sa production, qui n’aura de cesse de se diversifier. Nous proposons de montrer ici comment en quelques décennies, les scènes représentées deviennent formellement et techniquement plus élaborées, hissant l'estampe d'un objet de consommation courante, à visée dévotionnelle au statut d'œuvre d’art, appréciée pour ses qualités artistiques.
À cet égard, les estampes de Martin Schongauer (c. 1445/50-1491) jouent un rôle décisif. Leur aboutissement compositionnel et technique séduit artistes et artisans quand leur caractère sériel permet une très large diffusion. Aux quatre coins de l'Europe, elles trouvent place dans les ateliers où peintres, sculpteurs, orfèvres, etc, piochent leur inspiration à la source du maître de Colmar.
Aude Briau est historienne de l’art spécialiste de l’art germanique de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Depuis 2020, elle est doctorante à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE-PSL, Paris) en cotutelle avec l’université d’Heidelberg, où elle prépare une thèse consacrée à la réception des gravures de Martin Schongauer dans l’image imprimée vers 1500. Elle bénéficie d’un contrat doctoral de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA, Paris). Depuis 2023, elle est également chercheuse associée au Wittert Project (Université de Liège) pour l’étude du fonds d’estampes allemandes du Musée Wittert.
Vous trouverez ci-dessous le plan des conférences du cycle
La gravure dans tous ses états. L’image imprimée entre Moyen Age et Renaissance
La première séance du cycle se déroulera à Liège.
Les trois séances suivantes se dérouleront à Namur.
Mardi 9 septembre à Liège - Informations ici I.
La révolution gravée du « Beau Martin » : de l’objet à l’œuvreAude Briau
Mardi 1er octobre à Namur - Informations ici II.
Illustrer les Saintes Écritures par la gravure : Jan Swart et la Bible Vorsterman (1528)Gaylen Vankan
Mardi 7 octobre à Namur - Informations ici III.
Gravure et essor de la reproduction d’art à la Renaissance Dominique Allart et Antonio Geremicca
Mercredi 8 octobre à Namur - Informations ici IV.
La gravure, source d’inspiration dans la tapisserie de la Renaissance Anne-Sophie Laruelle
Présentation du cycleL’avènement de la gravure, voilà plus de 500 ans, marqua un tournant dans l’histoire de l’Occident. Innovation technique de premier plan, elle révolutionna les modes d’utilisation des images. Tout en s’imposant comme un support de création artistique à part entière, la gravure servit également à illustrer des textes. Elle se ménagea ainsi une place de choix dans le domaine de l’illustration du livre. Elle offrit en outre le moyen de reproduire et de diffuser, à large échelle, des œuvres emblématiques de l’Antiquité et de la Renaissance. Devenues à leur tour des modèles, les images imprimées formèrent un répertoire inépuisable de formes et de motifs susceptibles de nourrir et de stimuler la démarche créative de nombreux artistes et artisans

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